Jalousie : envie et possessivité

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(ce post est la première partie d’une réflexion sur comment gérer la jalousie dans une relation. je comptais pas en faire plusieurs articles mais faut croire que je sais pas faire court ^^)

Je n’ai jamais été très jalouse. Je dis pas que ça ne m’arrive jamais, loin de là, mais je suis assez capable de dealer avec ce sentiment quand il pointe son nez. J’ai régulièrement des conversations avec des ami(e)s à ce sujet, et je me rends compte que c’est n’est pas évident pour tout le monde, et que c’est bien souvent un sentiment complètement irrationnel, quelles que soient les (plus ou moins bonnes) raisons qui « justifient » de la jalousie.

Il y a à mon sens deux formes de « jalousie » – qu’on expérimente dès notre petite enfance avec notre maman (qu’on voudrait toute rien qu’à nous) qu’on doit partager avec nos frères/soeurs (s’il y en a) (qui sont les préférés ça se voit). Je n’irai pas jusqu’à faire de raccourci Freudien sur le lien entre notre rapport à la mère et à nos partenaires mais j’y vois une similitude dans les comportements.

Il y a d’abord l’envie : on aimerait avoir ce que les autres ont et qu’on n’a (semble-t-il) pas. On veut autant de cadeaux que le petit frère. On envie les vacances au soleil de la copine. On aimerait le corps de cette fille qui le fait se retourner dans la rue. L’envie n’est pas un sentiment très glorieux – il fait même partie des sept péchés si on en croit les livres anciens. Si on prend un peu de recul, pourquoi envie-t-on tellement ce que les autres ont ? Pourquoi ne pas apprendre à se satisfaire de ce qu’on a ? Et si on pense ne pas avoir assez pour s’en satisfaire, pourquoi ne pas se bouger un peu pour avoir aussi « accès » à plus/mieux ? Avec un peu d’objectivité, n’y a-t-il pas une façon de voir les choses autrement – car oui le petit frère a eu plus de cadeaux – en quantité mais nous, on a finalement eu le poney pour lequel on tanait nos parents depuis des années – la collègue part au soleil toute seule car elle n’arrive pas à se trouver de mec – cette fille a de très longues jambes, mais il m’a toujours dit que j’ai le plus beau cul qu’il ait connu.

Il me semble que l’envie est un miroir de notre propre regard sur nous. Dans le cadre de la jalousie amoureuse, il s’agit alors d’arrêter de comparer. Non, vraiment, ça fait du bien je vous jure. Ou si on le fait, voir les choses sous un angle qui nous met à notre avantage. Parce que la vérité c’est (je crois) qu’il y a rarement de comparaison. Comme en amitié, je crois qu’on peut partager des choses très différentes (et très cool), avec des personnes très différentes, sans pouvoir dire qui est le premier sur le podium du « mieux ».

L’autre forme de la jalousie se caractérise par la possessivité. Là encore, on voulait notre maman pour nous tout seul. On aimerait vraiment que notre meilleure amie passe plus de temps avec nous qu’avec la nouvelle de son boulot avec qui elle arrête pas de sortir. Et que notre chéri accoure dans notre lit dès qu’il a un instant de libre. Pour moi, la possessivité – exagérée – finit par étouffer le couple. Vouloir garder l’autre rien qu’à soi, lui imposer cet « enfermement » n’est pas quelque chose de viable à long terme, même pour un couple très fusionnel. J’ai vécu une relation où mon partenaire était très possessif, car il avait un besoin constant d’être rassuré et de « garder le contrôle » – je l’aimais, j’ai accepté de m’adapter à son mode de fonctionnement en croyant être capable de « calmer » sa jalousie – jusqu’à m’oublier complètement, car évidemment, il n’a jamais cessé d’être possessif. Ca a finit par se terminer, et j’ai pris conscience que je suis incapable de vivre une relation saine avec quelqu’un de possessif, m’amenant à ma réflexion actuelle  sur les relations libres.

Apprendre à être moins possessif, c’est accepter de ne pas tout partager. Accepter que l’autre ait ses amis, ses activités, ses centres d’intérêts qu’on ne partage pas forcément. Accepter qu’il/elle ait des secrets. A mon sens, tout ça passe à nouveau par un travail sur soi. Si on a soi-même une vie sociale riche, des activités, des passions, il est plus facile d’accepter qu’il en soit de même pour l’autre.

Dans une relation ouverte, la première fois qu’on apprend que l’autre a flirté (ou plus) ailleurs, ça fait un petit pincement. Ca titille l’égo. A se dire merde, il/elle a passé du temps avec quelqu’un d’autre que moi, il/elle n’a pas eu envie de me voir à ce moment mais de voir l’autre. Ca pique, un peu. On prend sur soi. On ne montre pas que ça nous a fait quelque chose. Et puis avec un peu de recul, on réfléchit un peu, et on réalise qu’on n’y a pas de raison d’être jaloux – oui, il/elle aime aussi passer du temps avec nous, ce n’est pas incompatible. On peut même découvrir en fouillant un peu plus que c’était pas si foufou, ce sexe ailleurs. Et cette phrase qui fait tellement du bien « tu m’as manqué », « c’est tellement plus simple avec toi ».

Avant d’être une question de confiance en l’autre, la jalousie est surtout une question de confiance en soi, et en ce qui cimente la relation, ce qui la rend unique. D’être capable de lâcher les rênes, de ne pas toujours être (dans une illusion de) contrôle, sans avoir peur que l’autre ne revienne pas. La fidélité n’est pas une question de sexe et de corps, mais bien d’autre chose. De savoir qu’on peut compter sur l’autre. Qu’il/elle sera là demain quoiqu’il arrive.

Cesser d’être jaloux (ou du moins d’en souffrir) c’est lâcher prise, pour faire entrer un peu d’air frais dans une relation. A ce moment, la jalousie devient constructive – si personne n’abuse ou ne joue avec l’autre. Et je crois sincèrement que c’est le meilleur moyen de savoir si une relation a des bases saines que de la laisser vivre et se développer sans contraintes ni barrières.

(à suivre)

 

5 Commentaires

  1. Marion

    Vivement la suite 🙂 C’est un vaste et passionnant sujet! Dans ma relation, je ne pas jalouse des centres d’activités différentes, des soirées entres potes (attendre sans moi)… par contre des autres filles oui ça peu m’arriver… mais Chutt, car souvent je le garde pour moi car je ne veux surtout pas faire de reproches sans fondement pour un sentiment qui m’est propre! Bref on pourrait en parler des heures lol! Super sujet 😀

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    1. Sophie (Auteur de l'article)

      Merci pour ton commentaire 🙂 J’avais vu ton message sur Hellocoton mais je m’y connecte rarement, c’est plus simple ici 😉

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  2. GreenLullaby

    « La fidélité n’est pas une question de sexe et de corps, mais bien d’autre chose. De savoir qu’on peut compter sur l’autre. Qu’il/elle sera là demain quoiqu’il arrive. »
    > Vous venez de résumer tout ce que je cherche confusément à expliquer à mon homme depuis des mois (comme quoi un regard extérieur, ça aide! 🙂 )

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  3. Vagant

    Bon début. J’ai écrit dans ma dernière nouvelle que « La jalousie, c’est la peur de perdre l’être aimé quand on n’a pas confiance en soi. » ce qui rejoint votre analyse de la « jalousie-possessivité » qui « pique un peu », à laquelle il faut ajouter la peur d’être moins bien que l’autre. Cette peur est peut-être le moteur de la « jalousie-envie » sur laquelle vous jetez la pierre, tant et si bien que l’étymologie a réuni deux sentiments apparemment différents dans un seul mot : la jalousie.

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  4. TrulyMadlyLovely Abby

    Je ne suis pas jalouse de nature mais j’ai remarqué que les moments les plus difficiles à encaisser dans mon couple (libre), ce sont ceux où mon besoin de contrôle est le plus mis à l’épreuve. C’est donc une piste intéressante.

    Exemple: je peux très bien vivre une situation à priori « délicate » si je me suis préparée psychologiquement avant. Alors que si la même situation se produit dans un autre contexte, je vais me prendre le truc comme une claque dans la tronche car j’avais imaginé autre chose de plus « léger » 😉

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