À distance

phonesex

Il y a quelques semaines (plus ? mon dieu que le temps passe vite), un de nos followers-commentateurs chouchous nous lança sur le sujet du sexto, et autres joyeusetés de l’échange érotique à distance. Il n’en fallait pas plus pour que je saute sur le sujet – même s’il m’a fallu du temps pour m’attaquer finalement à cet article.

J’aime les mots. J’adore les mots. Je suis une passionnée des mots. Et les mots me le rendent bien. Car oui, des mots, bien placés, bien amenés, des phrases bien montées peuvent me mener très loin. J’en ai écrit des lettres d’amour (ou autre) passionnées, lâchant les rênes de mon imagination pour raconter à l’autre (pas forcément si loin) ce qu’on ferait si on était ensemble.

Et puis il y a eu les MMS. Oh, ce bonheur de pouvoir joindre l’image à la parole. Ca fait moins longtemps peut-être que j’ose – envoyer une épaule dénudée, une bouche entrouverte, un sein qu’on devine pointé sous un t-shirt alors que je m’ennuie par un après-midi lascif – et plus si affinités. Mon côté exhib’ et mon narcissisme s’amusent à jouer de l’objectif, et imaginer l’effet attendu. J’aime à ressentir l’excitation de l’autre côté, un sexe tendu, un entrecuisse humide, l’imagination travaillée par ce teasing, la masturbation qui s’en suit. J’aime jouer avec les mots encore plus que les images, raconter par le menu le détail de toutes ces choses que je me (te?) fais. Et savoir qu’au bout de la ligne l’autre est sûrement en train de faire une activité sans aucun rapport et que (oh !) je le perturbe ainsi, c’est la cerise sur le gâteau.

Tout le monde n’est pas enclin à comprendre et apprécier le jeu des mots et des images. Le trop explicite perdrait de son intérêt, le trop retenu serait vite lassant. Je suis sensible aux mots autant qu’aux images, et si dans la vraie vie je n’y vais pas par quatre chemins, lors de ces échanges j’aime particulièrement laisser monter la tension sans trop en dire ou en montrer, jusqu’à ce qu’explose le désir.

sexto

J’ai vécu quelques relations à distance, pour lesquelles ce biais était une façon détournée de nous aimer. Dire à l’autre je pense à toi sous l’image d’un téton tendu. Se remémorer nos ébats, les pimenter, pourquoi pas introduire des personnages sans que cela n’engage rien. Tout ceci pour dériver du mail et des textos vers Skype, et ces sessions qui dérapent durant lesquelles j’ai joué la camgirl avec beaucoup d’excitation, regardant l’autre se caresser jusqu’à l’orgasme. C’est très intime, de s’offrir ainsi. Les photos restent sur un portable, et savoir jouer devant une webcam requiert une certaine dose de confiance et de lâcher-prise.

Il y a eu aussi ces rencontres sur internet, commencées par messagerie, qui dérapent par iMessages pour se terminer en une baise IRL passé la porté sans avoir échangé un mot. Ces rencontres de passage continuées pendant des semaines au travers de photos coquines sans vraiment savoir si on allait finalement baiser. Et tant d’autres.

Les possibilités offertes par les mots, pour autant qu’on arrive à se lâcher un peu et qu’on soit sur la même longueur d’ondes, sont infinies. On déroule alors l’histoire qu’on veut bien se raconter, laissant toute la place à l’imagination – meilleur booster de libido ever. Le mail était notre échange épistolaire moderne, désormais remplacé par SMS, iMessages et Snapchat sans pour autant perdre son intensité – je crois même dire que cette instantanéité dessert encore mieux les objectifs.

Vous voulez me séduire ? Envoyez moi des mots. Des mots pour caresser mon esprit tordu et exciter mon imagination.

Photo Jim Shields

2 Commentaires

  1. Comme une image

    (La phrase finale sonne vraiment comme un appel à … enfin bref)

    Les mots ont bien évidemment une force évocatrice qu’il est difficile de dépasser ; ceux de la séduction ne sont pas les mêmes que ceux de l’évocation (qu’elle soit réminiscence ou projection). Je dois reconnaître que j’aime beaucoup jouer avec les sextos car ils collent bien à mon goût pour l’érotisme ludique.

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  2. Lou

    Parfait ce petit article.
    Je l’enverrais à tous mes flirts virtuels qui veulent se rencontrer tout de suite parce que « parler derrière un écran, c’est chiant ». Ignares.

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