C’est pas parce qu’on baise bien que…

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Avouons le ici, je suis une grande fan d’Éric Chandonnet, qui écrit (entre autres) sur Nighlife.ca, un webzine Montréalais. Ses chroniques pour Victime de la porn (oui au Québec on met au féminin les mots anglos) touchent souvent juste, et l’avant-dernière sur les « Spécialistes » (clique pour lire, c’est bien) m’a fait bondir devant mon écran d’ordi – MAIS OUI, c’est EXACTEMENT ça. Et comme je suppose que vous ne lisez pas couramment le Québécois, je vous fais un résumé rapide dudit article : c’est pas parce qu’on baise bien qu’on est faits pour être ensemble.

On a tous connu ça : un(e) partenaire avec qui le sexe était juste incroyable. Une vibe folle, une connexion intense, et l’envie de se sauter dessus à chaque fois qu’on se voit – avec succès. On a (aussi) tous essayé de se mettre en couple avec une de ces personnes, et peut être même qu’on est tombé amoureux/se. Parce que c’est clair que quand le sexe va, ça fait des papillons dans le ventre, ça génère des flopées d’adrénaline et d’endorphines qui font du bien. Parfois, on passe de bons moments #aftersex, on a les mêmes goûts pour sortir (possible qu’on se soit rencontrés en boite), on partage un peu plus, on fume, on regarde des films, on écoute de la musique, on dort ensemble ; l’autre est une espèce de bombe atomique extraterrestre alors on est super fièr(e) de se promener à son bras. La passion physique est tellement intense qu’on aurait envie de plus – de l’avoir pour nous, que ça dure toujours, qu’on soit celle pour qui il tombera.

Et puis. Et puis on essaye, on s’attache, on s’accroche, et on se rend fou. De mon expérience, ces relations basées à beaucoup de pourcents sur le sexe sont généralement destructrices et prises de tête. On est passionnés, parfois violemment ; on a beau essayer de se trouver à deux, le seul truc qui fonctionne vraiment, c’est en position horizontale (et autres variations). Alors on enchaîne engueulades et make-up sex. Et c’est bon. Jusqu’à ce que l’un des deux craque, ou trompe, ou.

Et puis ya aussi l’autre version, celle où le bad-boy super hot qui nous faisait crier plus fort qu’une actrice porno en nous tirant les cheveux se révèle, une fois « in a relationship« , un chiot mignon qui nous regarde comme la 7e merveille future-mère-de-ses-enfants-intouchable – qu’on ne peut évidemment plus baiser comme la dernière des traînées. C’est con, on aimait ça qu’il nous appelle salope… Alors on se rend folle à plus savoir ce qu’on a fait, il est passé où ce brun ténébreux qui faisait monter la température comme personne d’autre ? On veut pas d’un nounours qui accourt à chaque fois qu’on le siffle, on veut d’un mec qui nous plaque contre le mur, un mâle avec ses couilles et son couteau.

Si je fais la liste de mes meilleurs coups – je parle de personnes, pas de fois -, ces mecs qui me faisaient grimper au plafond en 5 secondes chrono, ceux qui m’ont fait jouir dans tous les sens, ceux qui m’ont fait tourner la tête et surtout le cul, je compte deux ou trois connards, quelques plans cul sans avenir, et ceux qui se sont révélés vachement mois bien une fois qu’on est venus à parler sentiments et engagement. Il y a un temps où je tombais amoureuse à partir du moment où on me baisait bien. C’est humain je pense. Quand j’ai compris que c’était une erreur, j’ai mis en place des dispositifs pratiques : me focaliser sur les défauts dudit bonhomme, sur ce qui ne marcherait pas en couple, pour éviter d’avoir envie de plus. Je me demande « est-ce que je serai capable de passer une semaine en huis-clos avec ce gars-là, sans baiser, et sans qu’on s’entre tue ? » (parfois suffit de 24 heures pour le savoir).

Ça empêche pas qu’on s’attache, et je dirais pas que je tombe plus amoureuse (ce serait nier la nature même de mes émotions). Ça m’arrive encore souvent d’avoir envie crier je t’aime alors que je me fais méthodiquement défoncer par ses coups de reins, et que bon, la sodomie ça se fait pas avec tout le monde. Mais je me retiens. Ça mène nulle part, c’est juste une poussée liée à la décharge de plaisir, à cet instant précis.

Je sais que la personne avec qui je passerai ma vie (ou du moins un bout de temps) sera pas forcément le meilleur coup de ma vie. Le sexe sera bon, certes (c’est important), mais au delà de la chimie naturelle qui m’attire vers certains corps, on prendra le temps. De se connaître, de s’apprivoiser, de se baiser. Le sexe n’en est que meilleur, quand tu baises avec cette personne là, que tu ouvres les yeux, que tu plonges ton regard dans le sien et que tu y lis autre chose. Alors tu te dis « merde, on est tellement beaux comme ça ». Tu sais que ça s’arrêtera pas une fois quitté le matelas. Tu sais que y en aura beaucoup d’autres.

Elle est là, la différence. C’est pas juste une histoire de baise et d’emboîtages qui font du bien. C’est une question de ce qui passe par le regard.

NDLA : Tous les masculins du texte peuvent être mis au féminin. Et inversement. Comme ça pas de jaloux.

Photo Tumblr trouvée sur l’excellent LetMeDoThis

10 Commentaires

  1. sylvainj

    Cet article me fait penser qu’il faudrait que je vous écrive pour vous parler de la Théorie du Bus. Ça pourrait vous faire rire 🙂

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    1. Sophie (Auteur de l'article)

      Je veux savoir !

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  2. Louise

    Sylvain,

    Tu sais que nous n’attendons que ça 😀
    Tu peux joindre la rédaction sur theholyculotte[at]gmail.com 😉

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  3. Comme une image

    Tiens, je commence à réussir à identifier l’auteure avec certitude et largement avant la fin de l’article (ou disons, avant le mot-clé sodomie :-p)

    Essaye quand même de trouver un coup pas trop merdique pour ton quotidien.
    #MonConseil

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    1. Vagant

      Le style et le propos des auteurs étant radicalement différent, ce n’est pas trop compliqué non plus, même sans sodomie.

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    2. Sophie (Auteur de l'article)

      T’inquiètes pas, j’aime trop le sexe pour me contenter de médiocre (et j’ai déjà donné dans la relation sérieuse/longue/exclusive non satisfaisante sur le plan sexuel)

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  4. lecroissantbleu

    Tout est question d’équilibre dès lors qu’il s’agit d’amour et/ou par la même, de maintenir une relation dans le temps.

    Le meilleur coup ne naît-il pas aussi parce qu’il est éphémère ou dédouané de toutes « contraintes » ?

    A l’opposé, une relation à moyen/long terme, à force d’interactions et de discussions plus sérieuses n’atténuent-elles pas les sensations ressenties au lit ?
    (il y a aussi un milieu, ça arrive)

    Le meilleur coup est un peu ce rêve qu’on fait le temps d’une nuit.
    La relation, une réalité.

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    1. Vagant

      Ça résume bien le problème, oui. La question subsidiaire est: une fois la relation à moyen/long terme établie peut on relancer la passion sans tomber dans l’hystérie ?

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      1. Sophie (Auteur de l'article)

        C’est une vraie question oui, cette histoire de « sans conséquences ». Bien possible qu’on se « lâche » plus si on ne se met pas de pression derrière. Ceci dit j’ai eu des relations sérieuses où le sexe était très bon.

        Je crois qu’on trouve des choses différentes dans chaque « type » de relation (qui plus est je ne scinde pas mes relations en deux non plus, il y a tellement de variations entre un coup d’un soir et la personne avec qui on fait sa vie que…)

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    2. TrulyMadlyLovely Abby

      C’est pas faux … et ça doit même être en partie plutot vrai 😉

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