Ce n’est pas sale (et autres joyeusetés vaginales)

flore-vaginale

Cystite, mycose, infection urinaire, vaginite… Ce ne sont pas des gros mots, mais le quotidien de beaucoup de femmes. Pourtant, quand j’explique à mes partenaires que j’ai régulièrement des soucis gynéco et que de ce fait, je leur demande de prendre quelques précautions, j’ai souvent le droit à un regard de semi-dégoût (hein elle a des maladies de la chatte ?! c’est dégueu) et l’impression de passer pour une psycho-rigide maniaque et toquée parce que ça m’est arrivé de préciser que bon ce serait bien de se laver les mains avant de baiser (j’avoue que ça m’a parfois complètement bloquée de penser qu’un mec qui me touchait avait les mains -vraiment- sales).

C’est un peu pour ça que j’ai eu envie d’écrire ce post, pour tous ces regards bizarres de gars, et pour ces amies (oui, des filles aussi) qui ne savent pas que passer du cul au vagin, ça peut occasionner toutes sortes de choses pas très agréables.

Alors messieurs, tout d’abord, pas de panique : la plupart des désagréments gynéco féminins ne sont pas liées des MST/IST, et ne témoignent pas forcément d’une hygiène douteuse – au contraire, « trop » se laver ne fait parfois qu’empirer les choses. Les vaginites ou mycoses qui me pourrissent la vie depuis des années sont des réactions autonomes suite à un déséquilibre de la flore vaginale. Les bactéries naturellement présentes dans le vagin (ou flore vaginale) décident que quelque chose ne va pas, et réagissent. Au programme irritations, douleurs pendant les rapports, pertes épaisses et parfois odorantes, démangeaisons ou rougeurs externes (glamour, n’est-ce pas ?). Ce déséquilibre peut être initié par un tas de facteurs, dont le stress, des vêtements trop serrés, une irritation suite à une mauvaise lubrification, la prise d’antibiotiques, et j’en passe. Rien de tout ça n’est lié à mon manque d’hygiène ou à une sexualité sans protection, même si l’homme peut être « porteur » (1). Quant aux cystites ou infections urinaires, si elles peuvent arriver suite à des rapports sexuels (des bactéries qui se sont retrouvées à un endroit où elles ne devraient pas (2)), elles peuvent tout à fait survenir n’importe quand et ce même si on couche avec un préservatif. C’est très douloureux, et ça peut devenir grave si ce n’est pas soigné et que l’infection remonte dans les reins.

Bref, ne prenez pas cet air dégoûté si votre partenaire vous parle de ça. Ce n’est pas sale. C’est la vie, la vie de notre vagin plus ou moins sensible qui décide parfois de se rebeller – et très franchement c’est bien plus chiant pour nous que pour vous, soyez un peu compatissants.

Aussi, n’ayez pas peur, ces infections ne sont pas transmissibles à l’homme – même si l’homme peut avoir un impact à ce sujet. Forcément, lors de la pénétration (avec une bite ou un doigt), vous apportez votre lot de bactéries qui viennent perturber notre fragile équilibre. La plupart du temps ce n’est pas grave (après tout on est faits pour s’emboîter), mais il y a un minimum de règles à respecter pour préserver l’équilibre et notre bien-être intime – et celle de se laver les mains avant d’aller tripoter votre copine me semble une évidence basique, tout comme le fait de NE PAS utiliser le même doigt pour son cul et son vagin (je ne parle même pas d’une queue ou d’un sex-toy…). Encore une fois, le ass-to-vagina/to-mouth si présent dans le porno est un exemple à ne pas suivre (je me demande d’ailleurs à quel point les actrices arrivent à se « nettoyer » via des douches anales pour limiter les dégâts…). Ma solution pour ne pas casser le vibe lors d’une sodomie ? Mettre un préservatif pour la pénétration anale qu’on enlève ou on change si on revient au vagin. Un peu plus simple que de devoir courir se laver le sexe dans la salle de bains…

Côté hygiène, la plupart des mecs avec qui je couche prennent une douche tous les jours, pourtant il n’ont pas toujours le réflexe de se laver les mains régulièrement (c’est assez fou oui). Je me souviens de ce plan cul qui part à la salle de bains se rincer la bite mais qui oublie de se savonner les mains (on rentrait d’une soirée en boite – fail). Je ne veux pas jouer les hygiénistes tarées du lavage de mains 12 fois par jour (même si…), mais pour éviter le moment de gêne au lit quand vous réalisez que vous êtes pas passées par le lavabo avant de la toucher, il suffit de vous laver les mains régulièrement – après être allés aux toilettes, en rentrant chez vous, après avoir fait à manger. La base, je crois !

Alors c’est sûr qu’on a pas toutes la même sensibilité et réactivité à ce niveau là, mais après des années à supporter des vaginites récurrentes, j’ai développé quelques réflexes préventifs, et je fais beaucoup plus attention. Je me suis parfois dit que j’avais un vrai toc avec ça, pourtant ça ne me dérange pas de sucer une bite qui a passé la journée à macérer dans un boxer (je dis pas que j’adore ça, mais trois coups de langue plus tard c’est tout à fait suçable), et je suis loin de me jeter sous la douche une fois la baise terminée (au contraire…). Mais l’idée du gars qui rentre de soirée / sort du métro / ne s’est pas lavé les mains après être passé aux toilettes me bloque complètement quand il s’agit de me toucher – surtout si c’est intime. Appelez moi Bree Van de Kamp.

(et dites moi si vraiment je psycote pour rien, parce que bon c’est possible aussi)

Pour le reste, le plus simple reste d’en discuter avec votre partenaire – elle saura quelles sont ses spécificités et ses sensibilités gynécologiques, et si ça se trouve c’est même vous qui allez lui apprendre quelque chose après la lecture de cet article…

Inutile aussi de préciser – mais précisons quand même – que je ne suis pas médecin, et que tout ceci reste des conseils non exhaustifs basés sur ma simple expérience personnelle. Il faut soigner ces infections au plus vite quand elles arrivent pour éviter que ça ne devienne grave, et surtout, si vous avez des doutes, consultez un médecin !!

(À suivre, un article de Louise pour les conseils aux filles sur ce sujet !)

(1) Je n’ai jamais eu de réponse claire à ce sujet, mes gynécos n’ayant jamais trouvé utile de traiter mes partenaires. Pourtant il me semble que l’homme peut porter des traces de mycose et favoriser la réinfection. Une réponse à me donner sur le sujet ?

EDIT : Il semblerait donc que la mycose puisse se transmettre à l’homme, et surtout qu’il puisse être porteur (et aider à la recontamination). Lire ici l’excellent article de Gaëlle-Marie pour un rappel plus complet http://www.acontrario.net/2011/09/21/mycoses-vaginales-petit-recapitulatif-definition-symptomes-traitements/

(2) La cystite se créé lorsque des bactérie de la flore intestinale ou vaginale remontent dans l’urètre jusqu’à la vessie. Beaucoup plus rare chez les hommes car le canal est plus long – et donc les bactéries atteignent rarement la vessie – elle peut être favorisée lorsqu’on va trop rarement aux toilettes. Il est conseillé d’aller faire pipi après les rapports pour « nettoyer » l’urètre. 

Photo : Couverture d’album, Klitorix – FloreVaginale, Sociopath Recording 

11 Commentaires

  1. Vagant

    Pas besoin d’être médecin pour rappeler ces conseils de bons sens tout à fait bienvenus. Merci aussi pour le paragraphe « ass-to-… » qui doit générer bien des soucis de santé dans le monde du porno, mais comme les « actrices » sont jetables après quelques mois de tournage…

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    1. Sophie (Auteur de l'article)

      Oui j’ai pensé à ton commentaire sur l’article de la sodomie 😉

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  2. sylvainj

    j’ai encore appris plein de choses avec cet article 🙂

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    1. Sophie (Auteur de l'article)

      Ah c’est sûr qu’entre garçons c’est peut être un peu plus simple ^^

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  3. TrulyMadlyLovely Abby

    Voilà un article qui fait du bien et qui mériterait sa place sur tous les sites de rencontres / libertins ainsi que dans tous les bouquins « Comment bien faire l’amour à une femme ». 😀

    En effet, contrairement à ce que l’on pourrait penser, peu d’homme sont conscients des « risques » qu’ils nous font courir par ces petits manques d’hygiène de base. Et peu prennent la chose au sérieux.

    Ces « petits bobos » de filles ne sont peut-être par grave (paroles de doc) mais ces « joyeusetés » peuvent carrément foutre en l’air une vie sexuelle. Parole de cystiteuse en chaîne!

    Il est vrai que dans mes démarches de prévention j’avais oublié ce petit détail … l’éducation des hommes 😉

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  4. Pingback: Ce n’est pas sale (et autres joyeusetés vaginales) | Me, Myself et ma Cystite

  5. Khor

    Je confirme que la mycose vulvo-vaginale peut se transmettre à l’homme et notamment provoquer une inflammation de la peau des bourses. Je le sais parce que ma copine m’avait refilé la sienne.

    Autre recommandation utile: ne pas repousser le traitement au motif que « ça passera ». Ma copine a joué à ça et résultat c’était super douloureux.

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  6. Lou

    Ah oui, les mycoses, à ne surtout pas prendre à la légère. Quand on est jeune on ignore cette démangeaison jusqu’à ce qu’on se retrouve avec un linge mouillé entre les cuisses, pleurant en position de fœtus sur le lit parce que ça fait tellement mal qu’on arrive pas à dormir.
    Avec l’expérience, on apprend à demander au mec de laver ses pu*** de mains. Et pour ne plus subir leurs regards emmerdés, ou leurs reproches quand on interrompt l’acte pour cause de douleurs, il faudrait commencer à les éduquer.

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  7. Mona

    Je suis une lectrice de passage, qui veut te rassurer et te dire que tu n’es pas seule… Pour moi aussi l’hygiène est primordiale (et pas qu’une histoire d’odeur comme certains peuvent le penser) et j’ai la chance de ne pas avoir eu de soucis gynéco.
    D’ailleurs hygiène et propreté ce n’est pas la même chose, mais c’est un autre débat…
    J’en profite pour poser une question car en ce moment me trotte dans la tête l’envie d’offrir une feuille de rose à mon homme… Mais je n’ose pas me lancer car après, il ne semblerait pas raisonnable de retourner sucer sa queue… Lui me dit que ce n’est pas un problème et moi je veux pas risquer de le rendre malade… Me reste à tenter la digue dentaire. Qu’en pensez-vous ? Si vous avez des expériences à partager, n’hésitez pas…

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  9. Spangle Durac

    Super article.

    @Mona, juste un avis perso : la bouche c’est pas comme les mains, je pense que les microbes sont dégagés en quelques minutes.

    Et les gants alors ? A Berlin c’est complètement rentré dans les mœurs, tout le monde a sa boite de gants à côté de son lit (c’est comme un distributeur de mouchoirs), plus un format transportable pour sortir. Tu te sers de tes mains, un gant, tu changes d’endroit, un nouveau gant (et tu les retournes en les enlevant, pour pas semer des germes partout). C’est un peu comme la capote pour la sodomie, plus pratique que de filer au lavabo.

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