Cannabaise

CannaHeart

Il y a un sujet sur lequel j’avais envie d’écrire depuis un moment, un sujet sur lequel j’attends les déchaînements d’avis mitigés, et sur lequel on ne lit pas grand-chose alors que bon, c’est pourtant pas (complètement) tabou et que la majorité d’entre nous l’ont un jour expérimenté : le rapport entre drogues et sexe. Mais en dehors de l’alcool c’est illégal, de prendre des drogues, alors c’est un peu compliqué d’écrire sur Internet : « j’aime fumer de la weed » comme on écrirait « j’aime la sodomie » (NDLR: j’aime les deux, préférablement ensemble). Et puis je me suis dit, fuck le politiquement correct. On est sur internet, lieu d’expression et de libertés (et le paradis de la NSA), où chacun peut trouver de quoi nourrir ses plaisirs les plus secrets. Moi, mon plaisir, c’est de baiser (légèrement) défoncée.

Bref. Ceci n’est pas l’apologie de la consommation illégale de drogues illégales ni de l’abus de personnes sous l’emprise de stupéfiants, et surtout pas une incitation à fumer. Ceci est simplement une déclaration, un « statement » qui n’engage que moi, le témoignage d’une expérience personnelle.

WEED-AND-SEX

Parce que ça commence un soir, alors qu’on s’allume un joint doucement roulé, quelques taffes pour aider à dormir, pour le plaisir aussi, comme on boirait un petit verre de vin. L’envie qui monte, alors que l’esprit commence à focaliser sur une chose : le plaisir. Le temps soudain se suspend, les sens en éveil capturent la moindre modification dans l’air.

Seule, on se caresse doucement, en laissant monter cette chaleur, l’orgasme à portée de doigts. Toujours plus fort, toujours plus intense, la radiation du plaisir jusque dans les orteils, la musique un peu trop forte dans les oreilles pour donner le rythme.

À deux, on se touche, on se caresse, on s’embrasse. Soudain, ce baiser devient le coeur, le coeur du désir, le coeur du plaisir. Une obsession sensuelle, les yeux fermés, l’esprit seulement concentré sur . On se regarde, et on est beaux. C’est l’esprit qui s’égare un peu trop loin, ou la concentration sur une sensation qui parait soudain nouvelle.

Et puis vient le plaisir – celui qu’on connait d’habitude, mais qui soudain ici immense, une vague à la croissance infinie, un tsunami qui ravage le peu de conscience qui restait. On n’en voit pas la fin, ce n’est qu’une succession de paliers toujours plus forts, jusqu’où – l’orgasme semble parfois inatteignable, on se demande si notre corps ne va pas exploser avant – comment on va pouvoir encaisser ce trop plein – les sensations sont tellement intenses. Et quand tout explose, pour de bon, quand on atteint le paroxysme, on a déjà perdu le contrôle. On est très loin, perdue dans une autre dimension, où la seule réalité se situe au creux du ventre, dans cette chaleur indescriptible, dans les vagues successives de plaisir, toujours plus fort, toujours plus haut, toujours plus.

Enfin, il y a ce lien, cette complicité, cette force évidente qui nous lie l’un à l’autre. Les gestes naturels, la façon de se toucher, se compléter comme une chorégraphie qu’on aurait répété encore et encore. Pourtant ce n’est que de l’improvisation. On n’est pas seul, à batailler contre l’état étrange dans lequel on est plongé, on plonge dans les bras de l’autre, dans la peau de l’autre, dans le corps de l’autre. On se sent, on se ressent, il n’y a plus besoin de mots, les yeux fermés pour se concentrer sur les sensations, les peaux se parlent, échangent, on est deux et on ne fait plus qu’un. On arrête de penser, le temps s’arrête, la réalité s’efface pour n’être plus que nous. On est dans le présent.

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Un des effets de la consommation de cannabis, c’est d’exacerber la sensibilité et la perception. Le goût, l’odorat, le toucher, la vue, les sons, tout parait plus intense. Par ailleurs, un autre effet est de « détendre », provoquer une certaine euphorie, et l’impression d’accélérer nos pensées (ou de ralentir le temps). On devient conscient (en anglais on parle d’awareness qui exprime à mon sens mieux les choses). On peut parfois difficilement gérer ce trop plein de stimulis, perdre le contrôle, voire virer parano. À deux, avec cette personne particulière avec qui on est en confiance, on cesse de combattre le trop plein, on limite les sources de stimulation, on concentre ses pensées et son attention sur l’autre, et on se laisser aller dans le moment, sans se poser de question.

Je n’ai pas besoin de fumer pour être bien, passer un bon moment avec quelqu’un, et la plupart du temps je n’aime pas vraiment être dans cet état lorsqu’il y a beaucoup de monde. Tout comme je ne fume pas à chaque fois que je baise, je réserve ces expériences à des personnes particulières. Je n’ai jamais autant apprécié d’être high qu’avec mon copain, parce que justement, je lui fais une confiance totale, et que je sais qu’on a déjà cette complicité en dehors de toute drogue. Fumer ensemble reste une pratique occasionnelle qu’on aime partager, comme on pourrait expérimenter le bondage, ou aller passer une journée en forêt. Je trouve le THC particulièrement propice à une activité de « couple », à cause de ses effets d’hyper sensibilité, et parce que ça a un effet vraiment aphrodisiaque sur moi.

On est ici vraiment dans les sensations plus que la performance. Ça devient souvent dur de jouir en étant défoncé, chez certains mecs ça fait carrément débander. À mon sens, pas besoin de pénétration pour tripper. Des caresses, des baisers, un bon cunni, ou autre suffisent pour partir très loin. En plus le cannabis assèche, c’est donc pas l’idéal pour une séance de pénétration prolongée… (prévoyez le lubrifiant).

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Je n’ai pas de morale ou de leçon – si ce n’est de faire attention à la qualité de ce que vous consommez et à ne pas devenir « accro ».  C’est une expérience comme une autre, et comme une autre, une expérience à faire avec modération, en s’écoutant, en écoutant l’autre (bisounours inside). Je suis curieuse de lire vos témoignages s’il y en a !

À lire : 

Un article du Tag sur « L’Amour avec un grand Hash » – je ne partage pas vraiment le point de vue du hash pour baiser la petite bourgeoise, mais c’est très bien écrit

Un article (en anglais) très détaillé décrivant les effets de la consommation de cannabis : exacerbation des sensations, conscience accrue, « ralentissement » du temps…

Contrairement à Stephen, la MD ne me donne pas envie de sexe

Sur Rue89 : Drogues et cul : cocktail magique ou tue-le-sexe

Sur un site « pro » cannabis : comment utiliser le cannabis pour améliorer le sexe

3 Commentaires

  1. Savage

    Tres vrai pour les sensations, je mettrais simplement un bemol sur la weed que tu peux consommer.
    Elles n ont hélas pas toutes ses propriétés. Genre pas la peine de s en fumer douze pour se rendre compte que les conditions ne sont pas vraiment réunis pour une bonne baise. C est gâcher le plaisir de ta weed et de ta baise…

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  2. Ray

    La weed en soirée avec des potes, on en revient souvent déçu, rien ne se passe, tout le monde est stone.
    La weed en soirée avec son/sa partenaire, c’est juste extra. Un (ou deux) joint(s) partagé à deux est certainement l’un des meilleurs aphrodisiaque.

    Jeunes fumeurs occasionnels, et ensemble depuis quelques années, on fait ça assez régulièrement (disons 2 cannabaises par semaine)
    D’abord on rigole, on parle, on divague, on part très loin dans nos délires, on réfléchit ou au contraire on ne réfléchit plus du tout…
    Ensuite, on se rapproche, les sensations sont décuplées, le temps paraît suspendu, la proximité sans pareille, les caresses divines, les fluides coulent à flot. On finit sur de multiples orgasmes, pour finalement s’endormir l’un contre l’autre…

    Rien à voir avec l’alcool, ou le temps passe trop vite, ou les sensations sont vides de sens et domptées uniquement par l’euphrorie.
    Bref, pour ma part je trouve ça exceptionnel, et tellement moins nocif que d’autres méthodes 🙂

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  3. kimjongju

    La salvia, en plus de ne pas (encore) être interdite en France, m’a procuré un de mes orgasmes les plus cyclopéens. Mais ça implique un poil plus d’organisation qu’avec la weed. Cependant, je recommande chaudement (j’ai déjà dit que sa consommation n’était pas interdite ?)

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