Les hommes sont des animaux

Ils ne pensent qu’au coit. À la baise, et un peu à la bouffe.

2009_09_22_Elephant_Sperme

« Les hommes ne pensent qu’au sexe », dégainée entre la poire et le fromage, cette phrase justifie généralement une attitude sexiste et/ou déplacée. Ou par opposition au prétendu plus faible besoin sexuel des femmes. Je hais cette phrase. Laissez-moi vous dire pourquoi.
édit : j’évacue la morale de cette réflexion et dans mes réflexions sur le sexe en général. Je pense qu’à partir du moment où toutes les personnes impliquées dans un rapport sexuel ont un consentement éclairé et non biaisé, tout est possible, tout est acceptable.
Je parle de consentement biaisé, car cela me permet d’encadrer – entre autre – la zoophilie et la pédophilie dans mon raisonnement. Les enfants, celleux présentant un handicap mental et les animaux n’ayant pas la même conscience de la sexualité, s’ils disent qu’ils sont consentants, j’appelle ça un consentement biaisé. Où l’autre exerce un pouvoir pour obtenir ce consentement, qui à mes yeux n’en est plus un.
Merci à Audren pour le retour.

 

Quand j’entends « les hommes ne pensent qu’au sexe », je ne peux pas m’empêcher de penser que les hommes ne peuvent pas contrôler leurs pulsions sexuelles. Tels des animaux dominés par leur instinct de reproductions, ils sont condamnés. Leurs regards, leurs pensées, leur vie sont dirigés dans l’unique but de baiser, de mettre leur pénis au chaud dans le corps d’un.e autres. Pire que des animaux, ils sont incapables de se contenir et de supporter la frustration. Il faut les comprendre les pauvres, ils ne peuvent pas irriguer leur pénis et leur cerveau en même temps.

C’est dans cette boucherie d’un petit village tranquille que s’est produite cette histoire incroyable. Roger, 52 ans, a perdu les pédales. Ce dernier s’est jeté sur les étals de viande un dimanche matin, devant les clients médusés. « J’ai pas pu me retenir, javais trop faim. » déclara-t-il lors de l’intervention des pompiers.

(j’imagine un monde où les hommes seraient incapables de se frustrer et de contrôler leurs pulsions)

Je fais partie de celleux qui pensent que les hommes, comme tous les autres êtres humains, sont capables de maitriser leurs pulsions, et de canaliser leurs frustrations. Ce ne sont pas des chiots soumis à leurs pensées et envie. Ils peuvent décider d’agir ou non lorsqu’une pensée ou une pulsion survient. De la même façon qu’ils savent se retenir devant une côté de bœuf.

En bref, faire des femmes les coupables des comportements déplacés des hommes est sexiste envers les femmes, mais aussi envers les hommes.

Bibliographie
Les hommes ne pensent-ils qu’au sexe ?

Quand les femmes avaient nettement plus besoin de sexe que les hommes

note interessante :
« Vertu » vient du latin « virtus » = « mérite de l’homme ». Seules les filles la perdent. Seules les femmes l’ont petite.

Crédits photos :
Sukree Sukplang/Reuters, extrait de Semence de mâles : faut pas gâcher

4 Commentaires

  1. audren

    Je trouve ce discours un peu trop simple : on est d’accord que la responsabilité des agressions sexuelles est du côté des agresseurs et non des victimes. Mais dire que tout le monde est sensé être tout le temps capable de contrôler ses pulsions sexuelles, c’est balayer un peu vite le sexe sous le tapis alors que c’est quelque chose de très puissant et complexe.

    C’est la posture des religieux et conservateurs sexe-négatifs de tous bords qui pensent que tout un chacun devrait être maître de sa sexualité en toute circonstance. Alors on tance les amoureux qui n’ont pas su se retenir avant le mariage, on met à la porte une ado qui a avoué avoir couché avec une copine de lycée, on lapide les femmes adultères. Puisque c’est évident que tout ce petit monde aurait bien dû savoir se contrôler.

    Et donc je n’aime pas trop voir le discours féministe emprunter les ornières puritaines — on ne peut pas en rester à une injonction quasi dogmatique.

    J’essaierai d’aborder cette question hautement polémique dans un prochain article. Ma position à moi, c’est qu’il ne faut pas sous-estimer la force de la pulsion sexuelle, pour les deux sexes. Certes, ce n’est pas la pulsion qui va transformer n’importe qui en violeur. Ce n’est évidemment pas le seul facteur, ni même le facteur principal. Mais je crois que ça peut parfois suffire à faire basculer un relou misogyne, un mari ivre ou un cousin manipulateur. D’un autre côté, il n’est pas non plus question de demander aux femmes de prendre la responsabilité de la satiété sexuelle des mâles (avec retour du devoir conjugal et/ou prostitution organisée comme un service de santé publique).

    Alors comment on fait ? Et bien on encourage massivement la masturbation et les sextoys.

    Je me suis fait la remarque récemment que toutes les scènes de masturbation masculine que j’ai vues au cinéma (dans les films grand public) étaient faites pour se foutre de la gueule du mec, souligner sa misère sexuelle, ou le faire passer pour un gros porc. Et toutes les scènes de masturbation féminines avaient une forme de portée esthétique et militante. Cherchez l’erreur.

    Accessoirement, on peut aussi tenter de changer les structures sociales qui organisent la pénurie sexuelle, et arrêter de punir socialement les femmes qui aiment les hommes.

    Répondre
    1. Louise (Auteur de l'article)

      (C’est toujours un plaisir que de te voir par ici Audren 🙂

      Tu fais intervenir quelque chose d’absent de ma réflexion : la morale. Je me rends compte à ta lecture que mon texte pourrait être un argument des injonctions sexo-négatives. Et ce n’est absolument pas mon intention.

      Je m’explique : Ce n’est pas parce qu’à mon sens les êtres humains peuvent contrôler leurs pulsions, qu’ils le doivent au nom de la morale.

      Pour préciser ma pensée : la morale ne rentre que rarement en compte dans mes réflexions sur le sexe. Je pense qu’à partir du moment où toutes les personnes impliquées dans un rapport sexuel ont un consentement non biaisé, tout est possible, tout est acceptable.
      (je parle de consentement biaisé, car cela me permet d’encadrer – entre autre – la zoophilie et la pédophilie dans mon raisonnement. Les enfants, celleux présentant un handicap mental et les animaux n’ayant pas la même conscience de la sexualité que toi ou moi, s’ils disent qu’ils sont consentants, j’appelle ça un consentement biaisé, où l’autre exerce un pouvoir pour obtenir ce consentement. Qui n’en est plus un.)

      Quant au fait que les pulsions sexuelles soient complexes au point de « parfois suffire à faire basculer un relou misogyne, un mari ivre ou un cousin manipulateur », je ne suis pas tout à fait d’accord. Je pense réellement que la frustration est quelque chose qui s’apprend et qui se contrôle. D’ailleurs il est intéressant de voir que tu ne parles ici que d’hommes (ce que tu reconnais). Mais je pense que cela tient de l’éducation : on apprend aux filles la frustration, alors qu’on comble les envies des garçons, sans leur apprendre qu’ils sont capables de se frustrer. (si tu le désires, je dois avoir quelques références qui ne traitent pas directement de la différence d’apprentissage de la frustration entre filles et garçons, mais qui viennent corroborer mon propos)

      En tout cas, merci de ton retour, et je mets l’article à jour, afin que ma pensée soit partagée comme elle existe dans ma réflexion : sans morale.

      Répondre
      1. Louise (Auteur de l'article)

        Je me rends compte que j’ai évacué le reste de ton commentaire et je m’en excuse. La raison en est simple : je partage tout à fait ton avis.

        Répondre
  2. albarde

    « Un homme, ça s’empêche », dit Camus, ou son père. Derrière cette affirmation idéaliste, il y a de sous-entendu que, bien souvent, un homme – femmes comprises -, ça devrait s’empêcher, mais ça ne le fait pas…
    Fait-on société avec des principes, aussi beaux soient-ils, ou avec ce qui est ?
    – les deux ! mon général.
    Fin de la partie.

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *