Couple ouvert : Et si c’était plus facile de mentir ?

Dans le cadre d’une « relation ouverte », il ya différentes approches. Il y a ceux qui se disent « tu fais ce que tu veux, je veux rien savoir ». Ceux qui s’en parlent au besoin mais estiment que leur vie en dehors du couple ne regarde pas l’autre. Et ceux qui posent la communication et la transparence comme base de la confiance dans cette ouverture. Je ne considère pas qu’il y ait une option qui soit meilleure, tant que les personnes impliquées y trouvent leur compte, mon couple fait cependant partie de cette dernière catégorie. Pour nous, il est essentiel de communiquer sur nos situations, réflexions, envies (…) respectives, de ne rien se cacher, et d’être complètement honnête et transparent avec l’autre.

Attention, « transparent et honnête » ne veut pas dire qu’on se raconte nos dates par le menu (quoique…), ni qu’on se donne le droit d’empiéter sur nos jardins secrets (pas question de fouiller dans les messages/mails), mais que si l’autre pose une question, on se doit d’y répondre honnêtement. Il nous semble à tous les deux que l’idée de « tromper » est située exactement là, dans le fait de se mentir dans la face. Par ailleurs, le fait de connaître quelque chose nous rend cette chose (la relation, la personne extérieure) moins menaçante. Au delà de ça, j’avoue trouver une certaine excitation à savoir mon conjoint avec une autre fille – encore plus en sachant qui elle est.

pinocchiomoi quand j’essaye de cacher la vérité 

Cette volonté de transparence est un moyen d’appréhender cette situation plus facilement. Nous sommes un couple qui se parle énormément de ce qui va, ce qui ne va pas – peut être même qu’on intellectualise parfois un peu trop – et il nous semble naturel d’échanger aussi sur nos ressentis dans ce contexte, de se parler, d’avancer doucement en fonction des feedback de chacun, tout en respectant les limites qui ont été établies : si j’ai donné mon aval pour quelque chose, je n’ai pas le droit de lui en vouloir de l’avoir fait, et inversement.

Nous avons aussi instauré des « règles », qui sont régulièrement rediscutées au besoin, et qui nous permettent d’y aller à notre rythme. Je suis ce genre de personne qui fonce droit devant si on ne me met pas de frontière, j’explore à fond, et on se rend compte trop tard que « c’est pas ce que je pensais que tu ferais », et on se retrouve vite à se blesser involontairement. On a donc défini un cadre dans lequel on peut évoluer : on ne voit personne chez nous en l’absence de l’autre, on se prévient quand on passe du temps avec nos amants, on ne découche pas, on se protège, et si il y a quoi que ce soit qui dérange, on s’en parle.

(Pour le moment, nous avons aussi choisi de restreindre la liberté de voir d’autres personnes aux filles – pour lui comme pour moi -, car je ne ressens pas l’envie de coucher avec d’autres hommes, et c’est un contexte plus rassurant pour lui – on y va par étapes :))

Il m’est apparu pourtant récemment que nous n’avons pas choisi la voie la plus facile. Parfois, dire la vérité peut être plus compliqué qu’omettre une information. Parfois, mentir serait plus « simple ». Il y a cette fois où, la licorne et moi, n’avions nulle part pour nous passer un moment collées (elle ne vit pas seule, et ne tient pas à partager notre relation avec sa coloc), je savais que mon copain finissait de travailler tard, il aurait été si simple de la recevoir chez nous et partir avant le retour de ce dernier. Mais ç’aurait été du stress inutile, une dérogation claire à la règle fixée, un mensonge que je n’aurais pas assumé. Il y a d’autres fois, où j’ai omis de dire que je l’avais vue, entre deux courses, pour partager un café – parce que c’était si rapide, parce que j’avais peur qu’il trouve que ce soit « trop souvent », qu’il panique, et qu’on arrête tout.

Parfois, j’ai l’envie de garder nos rencontres pour moi, comme un secret intime ; la vérité c’est que je serais incapable de rester impassible à mon retour, que j’ai envie de partager un peu de ça avec lui, même si j’avoue avoir évité de lui raconter l’intensité de cet orgasme de milieu d’après-midi…

3 Commentaires

  1. Comme une image

    L’exemple donné montre bien les limites du choix de la transparence (une utopie, soit dit en passant : on ne peut jamais être en permanence dans l’exactitude de ses sentiments/réflexions/actions envers autrui, ça nous rendrait juste fou).
    Pour un « – T’es chiant(e) ! » exprimé, combien de réprimés ?

    Bref, pour cette envie avec la licorne, réprimée parce qu’elle aurait dérogé à la règle : si tu l’avais outrepassée, à part le fait d’avoir un fait à dissimuler, ce que tu ne te sentais pas capable de faire, en quoi aurait-elle changé quoi que soit à l’amour que tu portes à ton partenaire ? Probablement en rien.
    Donc, soit la règle n’est pas adaptée, soit la transparence n’est pas adaptée.

    Je vis une situation très différente où le mensonge est presque la clé de voute de mon couple. Sans lui, mon couple serait fini depuis longtemps et je pense que ç’aurait été dommage (surtout qu’il est entré, après 20 ans d’existence, dans une autre phase… mais ça, j’y reviendrai plus tard et sur mon burp pour les curieux-ses). J’ai caché des choses bénignes (un surf sur l’ordi) et des choses lourdes (« je suis tombé amoureux d’une autre »). Je ne regrette pas ces mensonges. Je ne regrette pas toutes les entorses que j’ai pu faire à nos contrats de couple (je mets un pluriel parce qu’ils se doivent d’évoluer dans le temps). Ils ont permis ce qui existe aujourd’hui.

    Je ne prétends pas que mon choix est le bon, et comme tu le dis très bien, il doit être adapté à chaque couple. En revanche, j’ai averti et je continue d’avertir beaucoup de mes proches qui veulent faire ce choix de la transparence que c’est non seulement un leurre (on ne partage jamais tout), mais qu’il y a des tas de situations où l’on se fait mal (à soi, à l’autre, au couple) en se soumettant à ce dogme.

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  2. Calamity

    C’est là une belle ouverture d’esprit…

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  3. Lily

    Très intéressant comme témoignage, merci beaucoup 🙂
    Mon compagnon & moi même pensons de plus en plus à ce genre de partage (au féminin aussi ;)), et j’avoue que même si je n’y voyais aucune problématique réelle, je me culpabilisais/m’inquiétais beaucoup de ces pensées (car c’est aussi remettre en question la norme du couple monogame).

    En tout cas, on serait aussi dans la transparence …. je ne me vois pas cacher quelques chose, et lui non plus (je tiendrais pas 1journée ^^). Tout comme vous, la tromperie serait justement de ne pas dire, de cacher.

    Je me sens moins seule maintenant : thanks ! ^^

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